LA FINALE COMME SI VOUS ETIEZ 

AVEC LES ULTRAS

tous ces articles sont issus du fanzine "tous ensemble" n°30 special finale

EPISODE N°1 : LA SEMAINE PRECEDENT LE MATCH
La semaine de vérité : les problèmes des billets, puis des places (voir articles dans le zine), la préparation du tifo. Chaque soir, les Ramées sont en effervescences.
Mais en même temps, un sentiment de sérénité plane au dessus des UF, que seule la nouvelle couleur de cheveux de Duca vient perturber : " Duca la blonde " était née !
EPISODE N°2 : LE DEPART DES RAMEES
Nous sommes partis à 55 de bon matin (vers 4 heures) depuis notre QG des Ramées, pour ce qui fut " Le " déplacement. On charge le matos rapidement et on s'installe après que Duca, tel l'Abbé Cotard s'occupant de ses scouts préférés, ait effectué l'appel. En prenant place dans le bus, j'ai eu une petite pensée pour tous les anciens UF qui ne seront pas de la fête (Jack par exemple). Le départ s'effectue en douceur, les têtes sont encore sous le choc d'un réveil douloureux (3 heures de sommeil pour les plus heureux !). Mais bien vite les délires s'enchaînent.
C'est ainsi que l'on découvre avec stupeur que le chauffeur du bus n'est autre que Melon et son copilote… Corto Maltèse ! ! (si on arrive à Paname, c'est miracle !).
Le musée du Louvre s'est trouvé un lieu concurrent : les chiottes du bus, qui se visitent par un public très nombreux. Il faut bien admettre que dès " que le soleil vient de se lever, encore une belle journée, il va bientôt arriver, l'ami houblonné ! " (à chanter sur l'air de la pub Ricorré). Le " Clan " voit le jour et entame de suite une phase d'embrigadement. Eric tente de trouver le sommeil, mais il n'a pas effectué un choix de place judicieux : à côté de Pat , erreur fatale !
Les discutions vont bon train, sur des sujets divers, tels que le tifo que l'on va préparer, le Stade de France ou encore la vie trépidante de Teusch les veilles de matches.
Le camescope est sorti pour immortaliser l'événement et vers 9 heures on approche de la capitale….du " Neuf-Trois ".
EPISODE N°3 : LA PREPARATION DU TIFO AU " SDF "
Sitôt descendus du bus, sitôt entrés dans l'enceinte du " 12 juillet 1998 ". La fouille est assez brève et on rentre nos 12 000 feuilles jaunes et bleues, nos banderoles, nos bâches et tambours sans encombres.
Au départ, c'est le bordel ! 90% des UF découvrent le SDF et c'est le chaos le plus total. De plus, on n'a pas pu préparer le tifo dans de bonnes conditions, vu que le plan du virage que l'on avait, était ridicule.
Mais bien vite, on s'organise. Si l'on découpe le stade en 3 " anneaux ", les fans forgerons seront présents dans les deux supérieurs. On s'attache alors à mettre en œuvre le 2ème anneau où doit apparaître le sigle FCG en jaune sur fond bleu. Tout le monde trouve sa place (les maîtres d'œuvre, d'ouvrage, les " rouleurs ", les " baladeurs ", etc…). L'organisation est quasi parfaite, le tout étant supervisé par DDTP . On aurait dit des petites fourmis connaissant exactement le rôle de chacune d'entre elles. Sans préparation, ni répétition au préalable ! J'ai le privilège de descendre sur la pelouse en compagnie de Cri-Cri et de DDTP, accompagnés du boss de la sécurité du SDF (vous savez, le mec qui s'est ridiculisé devant toute la France en courant après le coq " yellow & blue " à la mi-temps du match). L'effet d'en bas est garanti ! Au passage, visite du PC sécurité des pompiers.
Tout le monde met la main à la pâte et s'active dans la joie et la bonne humeur (que c'est beau ce monde magique !), le tout sous le regard des fans parisiens qui squattèrent leur virage une demi-heure environ après notre arrivée.
De temps à autres, on mate de leur coté pour voir leurs activités, mais on reste quelque peu désabusé de voir le peu de préparation, hormis l'installation de nombreux drapeaux.
Après 4 heures d'installation, les 12 000 cartons sont disposés sur les sièges. Au deuxième anneau : " FCG " en jaune sur fond bleu et des " bandes " jaunes et bleues sur les côtés de la tribune. Au troisième anneau, " 1940 " (date de création du club) en bleu sur fond jaune. Le tout sera alors accompagné d'une banderole à l'entrée des joueurs : " 60 ans pour une Coupe ".
Au passage, on remarque que nos bâches ont l'air ridiculement petites dans ce stade mythique !
EPISODE N°4 : L'ATTENTE INTERMINABLE
Il est 14 heures 30 lorsque la plupart des UF regagne le bus pour se bourrer…le bide de sandwiches. Au passage, certains pensent qu'il est encore temps de prendre un apéro (ne me demandez plus qui, je n'ai plus les noms !).
DDTP, Eric et " Lolo el Capo " sont restés surveiller le matos et les cartons, ces derniers étant menacés par le vent qui se lève. En parlant de " lève ", la re- " lève " intervient : Rémy, Cri-Cri, " La blonde " (alias Duca) et ma gueule relayons les 3 UF restés courageusement à lutter contre le vent, la faim et la soif ! Au passage, on leur apprend une triste nouvelle : l'accident survenu au départ de Gueugnon de bus de supporters (2 blessés).
Que s'est-il ensuite passé au bus ? Je l'ignore, car j'étais présent au sein de l'enceinte. Ce qui s'y est passé, je n'en ai qu'un vague souvenir : moi, en train d'essayer de dormir allongé sur les sièges et sur la grand-voile ; les 3 autres UF en train de jouer aux cartes avec un mec de la sécurité ! ! Le parcage des ultras parisiens s'anime de plus en plus, et l'attente se fait de plus en plus longue……….jusqu'à 17heures 30 et l'ouverture des portes : déferlante (et là le mot est juste et prend ton son sens !) des UF restés au bus (mais qu'ont-ils bien pu faire pour arriver dans un tel état d'excitation : Pat, François, Fabrizzio,…).
Et puis c'est au tour des trains, des bus et des voitures particulières d'arriver. Les virages se remplissent, les premiers chants résonnent, les premiers sifflets collectifs de tribune à tribune s'échangent, le stade se met à vivre, à vibrer : on commence à comprendre où l'on est (au Stade de France !) et surtout pourquoi on est là (Gueugnon est en finale de la Coupe de la Ligue contre le PSG ! !).
On entre petit à petit dans la finale.
EPISODE N°5 : H-1
Le match de " levée de rideau " entre les -17 ans du FCG et du PSG est annulé pour cause de temps vraiment pourri ! Ces derniers effectuent un tour d'honneur ce qui permet une nouvelle fois de se chauffer la voix de chaque côté. Le stade se remplit et l'on découvre un virage Nord où afflue un maximum de personnes affublé d'écharpes au couleur du club, de drapeaux et de banderoles, dont celle qui restera gravée dans les mémoires : " Premier Sacre Gueugnonnais ".
Notre tifo est lancé par un mec sorti de nulle part, en train de chauffer le stade sur la pelouse avec un puissant micro. Gros coup de pouce car le tifo sans son aide miraculeuse n'aurait peut-être pas été aussi réussi, mais l'on peut déplorer qu'il l'est lancé un peu trop tôt !
Côté parisien, les Titans ont baché les derniers et à l'entrée des joueurs, seuls de nombreux et d'immenses drapeaux accompagnés de quelques torches (volantes pour certaines !) émergent du virage Sud.
Le match est lancé en ce qui concerne les tribunes et en toute objectivité (je pense !), les UF mènent 1-0 grâce à leur tifo.
EPISODE N°6 : LE MATCH
Jospin fait le tour des deux équipes, le match sur la pelouse débute (oh oui oh oui ..des buts ! ! !), mais les supporters parisiens reviennent dans la partie et " égalisent " par des chants puissants et réguliers. De notre côté, nos trois capos (Lolo el Capo, Eric et …DDTP (mais si, mais si ! !) tentent de faire bouger la tribune. Ce n'est pas évident, d'autant plus que le troisième " annello " n'est pas réceptif à la portée des mégas. Cela dit, le trio chargé d'animer le virage Nord est soutenu par une équipe du FCG qui tient la route face aux futurs représentants français de la Ligue des Champions ! Notre tribune se permet même, à la moitié de la 1ère mi-temps, un puissant " mais ils sont où, mais ils sont où les parisiens ?! ". Tout le monde répond en tapant dans les mains sur " Si t'es fiers d'être Gueugnonnais tape dans tes ….mains ! " (évidemment).
Cela dit, les fans parisiens, plus puissants vocalement, car plus nombreux ancrés dans le phénomène ultra, auront dominé cette première mi-temps, à l'inverse paradoxalement de ce qui se sera passé sur le terrain, où les jaunes et bleus auront été grandioses !
La seconde mi-temps est tout simplement magique (comme Paris ?) : 65ème , notre argentin Marcello Trapasso (Trapagol !) délivre les 15 000 fans bourguignons. C'est le délire le plus total ! Henry (pas le joueur d'Arsenal !), qui est à côté de moi est en transe (pire que dans une rave, le FCG étant son unique drogue). Gueugnon fait un match remarquable, se crée les meilleures occasions (je ne détaille pas, revoyez la vidéo). Sylvain Flauto ajoute même un second but pendant les arrêts de jeu : c'est du DELIRE ! ! ! !
J'aperçois furtivement Calou, les larmes aux yeux, comme bons nombres d'UF, Mimi est torse-nu, je ne vois plus rien : Henry, Francky, Fritz me sont tombés dessus, la fatigue et les maux de crânes dus à cette longue journée ont disparu.
EPISODE N°7 : LE CHOC DE LA VICTOIRE
L'arbitre siffle trois fois. Les fans parisiens sont désabusés, les " cravatés " en présidentielles sont consternés : Gueugnon a gagné cette sixième Coupe des clubs professionnels. Gueugnon est en UEFA ! On ne comprend pas tout. Il faudra du temps, au moins trois jours jusqu'à la fête du mardi à Jean Laville devant 13 000 personnes.
Les joueurs font la fête devant notre virage, Amara reçoit la Coupe (" Ndokalé ! " ce qui signifie " Félicitations " en wolof, dialecte parlé au Sénégal).
EPISODE N°8 : LE RETOUR SUR GUEUGNON
Les stewards ont du mal à nous faire quitter la tribune ! Chacun rejoint son mode de transport. On remonte dans notre bus. C'est la fête, mais une fiesta quelque peu atténuée par la fatigue, qui n'a pas encore totalement gagnée DDTP. Il tient, en qualité de vieux sage (et aussi de vieux singe) et géniteur du groupe, à nous remercier pour la patiente et la persévérance que l'on a affiché depuis toujours. Puis, quelques bouteilles se vident, on se repasse en vidéo la victoire cette saison (mais en Coupe de France) au Vélodrome face à l'om (4-3). DDTP fait chier car il a repris le micro et ne le lâche plus (DD, t'es lourd !).
On arrive finalement dans la Capitale (mondiale de l'acier inoxydable) vers les 6 heures 30. Très peu de sommeil en 48 heures, beaucoup de fatigue mais merde, que de souvenirs ! ! ! ! ! !
EPISODE N°9 : HOME SWEET HOME
Certains ont encore la force de rejoindre le " Tacot's " et y feront la fête jusqu'à la fermeture de la discothèque vers midi.
Il est tant d'aller se pieuter et de refaire le match et le déplacement à travers de doux rêves !
Voilà, c'était encore une page de vie du FCG mais aussi et surtout des UF. Place désormais à la Coupe d'Europe !

by vince

ULTRAS FORGERONS " PARCE QUE JE LE VAUT BIEN ! "


FINALE DE LA COUPE DE LA LIGUE 2000

GUEUGNON - PSG

 
Une grande journée que ce 22 avril 2000, nous voilà tous, nous les Ultras à 4h00 devant chez Pascal, prêts pour le départ pour le mythique Stade de France. La joie et l'angoisse sont aussi du voyage, car affronter le PSG pour une finale de la Coupe de la Ligue, c'est inouï et encore irréel à mes yeux. Mais petit à petit, l'heure fatidique se rapproche, et il nous faut bien admettre que ce match sera bientôt une réalité.
Pendant le voyage, tout se passe bien, les discussions et les chants pour les jaunes et bleus vont bon train. La joie que je vois dans tous les yeux de mes camarades Ultras me dit qu'il n'y a aucun doute, nous allons gagner cette finale de la Coupe de la Ligue. Vers 10h30, nous sommes au grand stade ; il pleut, mais cela ne gâche pas nos émotions. Nous entrons dans le stade vers 11h00 : nous découvrons un stade vide mais grandiose. Je m'assieds, et mon cœur essaie de vivre et d'entendre ce qui s'est passé pour la grande finale des bleus le 12 juillet 1998. A peine le temps de rêver que Duca nous dit de nous mettre au boulot, car pour que la fête soit encore plus belle nous avons organisé un super tifo (merci Dédé). Quel boulot que cette préparation de cartons jaunes et bleus ! Nous y passons tout notre temps (50 personnes) jusqu'à 15h30, dans la joie et la bonne humeur (merci Richard et Duca). Quant à nos homologues parisiens, et bien ils font bien peu pour leur équipe ; aucun doute, nous avons la force et la panache d'habiller le Stade de France pour cette finale qui arrive de plus en plus vite. Le tifo installé, nous allons souffler un peu et nous détendre dans notre bus, encore seul sur l'immense parking. Nous occupons les derniers instants avant l'entrée définitive dans le stade à nous préparer tel des "guerriers " : peinture pour cheveux et maquillage jaune et bleu sont à la mode, et tout le monde se farde à sa manière (superbe ! Fabrice !).
A 18h00, nous entrons enfin dans l'arène : il n'y a pas encore beaucoup de monde, ce qui nous laisse à nos derniers préparatifs, c'est à dire les tambours et les méga, qu'il faut mettre en place pour sonner la charge vers une victoire certaine. Petit à petit, le stade se remplit, et l'on retrouve avec joie des amis venus en train, en bus, et même avec leur propre voiture (merci Kiki). Et de plus en plus, je vois une marée jaune et bleue envahir les gradins. Et c'est là que j'ai réellement compris que j'allais vivre un grand moment de bonheur et d'émotions.
20h45, ça y est, le coup de sifflet vient d'être donné, le tifo fonctionne à merveille, Laurent entame un chant au méga, et je frappe sur mon tambour. Les supporters du FCG font vibrer le Stade de France : " Allez les jaunes…allez ". La première mi-temps est simple, les Parisiens sont asphyxiés. Ca y est, l'est la mi-temps, on souffle un peu.
Début de deuxième mi-temps, nous avons tous repris nos places, et nos chants sont encore de plus en plus forts. Et soudain, à la 66ème minute, c'est le coup de tonnerre au grand stade : Gueugnon vient de marquer. Tous nos cris de joie et nos larmes de bonheur vont vers notre butteur, Trapasso. C'est le délire, mais il faut tenir encore 25 minutes, que ça va être long ! Nous pouvons être fiers de notre équipe ! Richard sauve la baraque à plusieurs reprises, et nos chants redoublent de force pour les dernières minutes. Sur une chevauchée incroyable de Flauto, c'est la délivrance, le 2ème but synonyme de victoire et d'Europe.
Coup de sifflet final : des accolades et les larmes de folie accueillent cet exploit inouï. La Coupe de la Ligue est à Gueugnon ! C'est vraiment très grand, et je le comprends d'autant plus que je vois mes camarades Ultras exploser de bonheur. Comme la fête va être longue !
Le retour se fait dans la joie et les chants, même si nous sommes tous un peu fatigués. Mais il faut fêter çà ! En plus, c'est l'anniversaire de Fabrizio : pour ses 42 ans, le FCG lui offre la Coupe de la Ligue : quel cadeau ! Quand Fabrizio ouvre son magnum de champagne dans une station ou nous faisons halte, quel délire, et quelle fête !! Alors je vais vous laisser imaginer la suite !
Vraiment, je remercie du fond du cœur tous les joueurs pour ce match exceptionnel, et tous les Ultras pour cette aventure formidable. Que ça recommence, car j'en redemande .

Tophe (Ultras Forgerons)

 

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